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1920

Vue

Paul VALÉRY

Si la plage planche, si L’ombre sur l’œil s’use et pleure Si l’azur est larme, ainsi Au sel des dents pure affleure

La vierge fumée ou l’air Que berce en soi puis expire Vers l’eau debout d’une mer Assoupie en son empire

Celle qui sans les ouïr Si la lèvre au vent remue Se joue à évanouir Mille mots vains où se mue

Sous l’humide éclair de dents Le très doux feu du dedans.

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Vue · Paul VALÉRY · Poetry Cove