Skip to content
1920

Un Feu distinct…

Paul VALÉRY

Un feu distinct m’habite, et je vois froidement La violente vie illuminée entière… Je ne puis plus aimer seulement qu’en dormant Ses actes gracieux mélangés de lumière.

Mes jours viennent la nuit me rendre des regards, Après le premier temps de sommeil malheureux ; Quand le malheur lui-même est dans le noir épars Ils reviennent me vivre et me donner des yeux.

Que si leur joie éclate, un écho qui m’éveille N’a rejeté qu’un mort sur ma rive de chair, Et mon rire étranger suspend à mon oreille, Comme à la vide conque un murmure de mer,

Le doute — sur le bord d’une extrême merveille, Si je suis, si je fus, si je dors ou je veille ?

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Un Feu distinct… · Paul VALÉRY · Poetry Cove