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1920

Orphée

Paul VALÉRY

… Je compose en esprit, sous les myrtes, Orphée L’Admirable !… le feu, des cirques purs descend ; Il change le mont chauve en auguste trophée D’où s’exhale d’un dieu l’acte retentissant.

Si le dieu chante, il rompt le site tout-puissant ; Le soleil voit l’horreur du mouvement des pierres ; Une plainte inouïe appelle éblouissants Les hauts murs d’or harmonieux d’un sanctuaire.

Il chante, assis au bord du ciel splendide, Orphée ! Le roc marche, et trébuche ; et chaque pierre fée Se sent un poids nouveau qui vers l’azur délire ! D’un Temple à demi nu le soir baigne l’essor,

Et soi-même il s’assemble et s’ordonne dans l’or À l’âme immense du grand hymne sur la lyre !

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Orphée · Paul VALÉRY · Poetry Cove