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1942

COLLOQUE

Paul VALÉRY

D'une Rose mourante L'ennui penche vers nous ; Tu n'es pas différente Dans ton silence doux

De cette fleur mourante ; Elle se meurt pour nous… Tu me sembles pareille À celle dont l'oreille

Était sur mes genoux… À celle dont l'oreille Ne m'écoutait jamais Tu me sembles pareille

À l'autre que j'aimais : Mais de celle ancienne, Sa bouche était la mienne. Que me compares-tu

Quelque rose fanée ? L'amour n'a de vertu Que fraîche et spontanée… Mon regard dans le tien

Ne trouve que son bien : Je m'y vois toute nue : Mes yeux effaceront Tes larmes qui seront

D'un souvenir venues… Si ton désir naquit Qu'il meure sur ma couche Et sur mes lèvres qui

T'emporteront la bouche…

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