Ombres ! que nous voyons errer dans la demeure
Où jadis vous goûtiez le doux bonheur d'aimer,
Revenez, revenez, en ces jours où l'on pleure,
Écouter nos propos à l'ombre du foyer.
Ombres ! que nous voyons flotter dans les ténèbres,
Les soirs où tout se tait, quand le vent seul gémit,
Revenez, revenez, et dans vos chants funèbres,
Dites-nous vos secrets, à l'ombre de la nuit.
Ombres ! que nous voyons planer sur nos misères,
Nos ennuis, nos chagrins, nos regrets, nos douleurs,
Revenez, revenez, nos pleurs sont des prières,
Car l'oubli ne croît point à l'ombre de nos cœurs.
Ombres ! que nous voyons s'agiter et se plaindre
A travers les cyprès, je reconnais vos voix !
Revenez, revenez, qu'auriez-vous donc à craindre
Chers hôtes de la tombe à l'ombre de la Croix ?
Ombres ! que nous aimons, vous revenez sur terre
Réclamer de nos cœurs un tribut immortel,
Montez, montez, dès lors, vers le Dieu de Lumière
Vivre une éternité à l'ombre du beau Ciel !