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1910

Calendrier

Léonise VALOIS

Le vieux calendrier a fait place au nouveau, Car de la nuit des temps naît une aube nouvelle, Et ses premiers rayons brillent sur le berceau De l'année au matin, qui veut paraître belle.

Toi, dont le seul aspect porte à nous recueillir, Joli calendrier à la fine parure, Quel est donc ton secret ? Et ces jours à venir Doivent-ils donc changer l'homme avec la nature ?

Les arbres au printemps donneront leur feuillage, Dans les nids reverdis les oiseaux reviendront, Dans les bois, dans les prés, vibrera leur ramage, Insouciants comme eux, les enfants chanteront.

A l'été, le soleil au ciel bleu qui rayonne Réchauffera la terre et les fleurs rougiront Sous cet ardent baiser ; si la saison est bonne Pour tous les amoureux, les belles souriront.

A l'automne doré, se courberont les branches, Les feuilles en mourant des arbres tomberont, Le ciel sera plus gris, les nuits seront plus blanches, Et contemplant les fruits, les mères songeront.

Puis quand viendra l'hiver, et sa neige éclatante, Le froid glacera tout, les ondes se tairont, Mais au fond des vieux cœurs une source brûlante Ne saurait refroidir, les vieilles pleureront.

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