O frêle Vierge en deuil aux doigts lourds d'anneaux d'or,
Qui marches à pas lents, si rythmique et légère,
Dis, comme aux Soirs d'antan, veux-tu point rire encor ?
Comme aux Soirs dont ton cœur aimait tant le décor
De grands arbres, de prés, d'étangs, de lune claire,
O frêle Vierge en deuil aux doigts lourds d'anneaux d'or !
Laissant le Souvenir, triste, sonner du cor,
Et mourir, enfant blond, dans la pâle clairière,
Dis, comme aux Soirs d'antan, veux-tu point rire encor ?
Souffre que ta Gaîté reprenne son essor
A l'heure où l'Aube humide arrose la bruyère,
O frêle Vierge en deuil aux doigts lourds d'anneaux d'or !
Vois, les vents sont plus doux sur les landes d'Ar-Mor ;
Parmi les ajoncs ras fleurit la primevère…
Dis, comme aux Soirs d'antan veux-tu point rire encor ?
Ah ! cesse d'accuser la main rude du Sort !
Qui sait ? Dieu quelque jour bénira ta prière…
O frêle Vierge en deuil aux doigts lourds d'anneaux d'or,
Dis, comme aux Soirs d'antan, veux-tu point rire encor ?