Le violoncelle exquis
Vibre, râle et gronde,
Et, rêveur, je songe aux bruits
De la mer profonde.
Au rythme charmeur des sons,
Languissamment nous valsons…
Oh ! les délicats frissons
De sa mèche blonde !
Mieux qu'avec du vin nouveau,
Lente et cadencée,
La valse grise, au cerveau,
La jeune pensée ;
Agitant ses grelots d'or,
Voluptueuse, elle endort
D'un sommeil étrange et fort
Sa proie oppressée..
L'Univers tragique et fou
A fui comme un rêve ;
Nous allons je ne sais où,
Sans but et sans trêve ;
La musique a des sanglots ;
Nous tournons, les yeux mi-clos ;
Dans son beau corps, à pleins flots,
Palpite la sève…
Pas un mot furtif ne part
De nos bouches closes ;
L'étincelle du regard
Dit bien mieux les choses.
Sous le lustre au fixe éclat
Je tourne, et je songe : « Ha !
« Qu'il ferait bon mourir là,
« Sur ces lèvres roses…