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1891

VALSE

Gabriel TRARIEUX

Le violoncelle exquis Vibre, râle et gronde, Et, rêveur, je songe aux bruits De la mer profonde.

Au rythme charmeur des sons, Languissamment nous valsons… Oh ! les délicats frissons De sa mèche blonde !

Mieux qu'avec du vin nouveau, Lente et cadencée, La valse grise, au cerveau, La jeune pensée ;

Agitant ses grelots d'or, Voluptueuse, elle endort D'un sommeil étrange et fort Sa proie oppressée..

L'Univers tragique et fou A fui comme un rêve ; Nous allons je ne sais où, Sans but et sans trêve ;

La musique a des sanglots ; Nous tournons, les yeux mi-clos ; Dans son beau corps, à pleins flots, Palpite la sève…

Pas un mot furtif ne part De nos bouches closes ; L'étincelle du regard Dit bien mieux les choses.

Sous le lustre au fixe éclat Je tourne, et je songe : « Ha ! « Qu'il ferait bon mourir là, « Sur ces lèvres roses…

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VALSE · Gabriel TRARIEUX · Poetry Cove