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1891

ΕΙΡΩΝΕΙΑ

Gabriel TRARIEUX

Tant que chantent les bois, tant qu'embaument les roses, Tant que rit ce miracle aux grands cieux : la clarté, Tant que fuit sous nos pieds le torrent des jours roses Au fil mystérieux d'un beau rêve emporté ;

Tout rayonne, à nos yeux, de grâce et de gaîté ; Nous ignorons les maux, les pleurs, les deuils moroses, Et, pleins d'hymnes joyeux au Souverain des choses, Nous l'adorons, dans sa justice et sa bonté…

Mais qu'un souci léger, qu’un ennui nous étonne, Qu'au triomphal Été succède l'âpre Automne, Notre cœur inconstant d'amertume s'emplit : « Le Monde est infernal, le sort est implacable !… »

Et nous levons nos poings vers Dieu qui nous accable, Jusqu'à l'heure où revient le Printemps, – ou l'oubli !

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