O Soirs pâles, d'un bleu mystique de pervenches,
Où, dans le ciel rosi, les étoiles sont blanches ;
Soirs chastes, qui tombez doucement sur les plaines,
Salués par le chœur des cloches d'or lointaines ;
Soirs de rêve où s'exhale, en subtiles fumées,
L'arôme humide et fin des herbes embaumées ;
Soirs tristes, qui chantez, en soupirs d'agonies,
Le Jour blond exilé des collines brunies ;
Soirs, berceurs du cœur las, soirs, repos du corps blême,
O Soirs, illuminés ou sombres, je vous aime,
Pour votre ombre où s'endort notre chair assaillie
Et votre mort divine où notre âme s'oublie !