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1891

SOIRS

Gabriel TRARIEUX

O Soirs pâles, d'un bleu mystique de pervenches, Où, dans le ciel rosi, les étoiles sont blanches ; Soirs chastes, qui tombez doucement sur les plaines, Salués par le chœur des cloches d'or lointaines ;

Soirs de rêve où s'exhale, en subtiles fumées, L'arôme humide et fin des herbes embaumées ; Soirs tristes, qui chantez, en soupirs d'agonies, Le Jour blond exilé des collines brunies ;

Soirs, berceurs du cœur las, soirs, repos du corps blême, O Soirs, illuminés ou sombres, je vous aime, Pour votre ombre où s'endort notre chair assaillie Et votre mort divine où notre âme s'oublie !

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