Skip to content
1891

NOCTURNE

Gabriel TRARIEUX

Ce soir, des parfums lourds s'exhalent de la terre ; Les vents tièdes sont pleins d'un bruit vague de voix ; Les nuages, saignants dans le ciel solitaire, Ouvrent leur aile poupre, immense, sur les bois…

La Nature frémit, du frisson de la femme Qu'étreint son amant, chaude et pâmée à demi, Et l'on sent sur la brise, ‒ amollissant dictame, ‒ La poussière des fleurs errer dans l'air blêmi.

Des solitudes monte une plainte inouïe, Vagissement de l'Être où s'émeut le désir ; Ce soir, tout germe éclate, et la bête éblouie Sous les astres lointains va râler de plaisir ;

Ce soir, l'Homme, ses os brûlés jusqu'à la moelle, Vers un spectre adoré tend ses bras palpitants, Cependant que, cherchant une invisible étoile, Une Vierge, accoudée en l'ombre qui la voile,

L'œil au ciel, se recueille, et regarde longtemps…

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
NOCTURNE · Gabriel TRARIEUX · Poetry Cove