Ils ont crié : « La chaîne infrangible des causes
« A nos yeux obstinés a révélé sa loi.
« Nous tenons le secret des Êtres et des Choses.
« La Science a vaincu cette aveugle : la Foi.
« Ce concept suranné d'une antique imposture,
« Dieu, que l'Homme enfantin saluait Maître et Roi,
« Dieu, cet épouvantail de l'humble créature,
« Ce recours de tous ceux qui, par le Sphinx meurtris,
« Pensaient avec un rêve expliquer la Nature,
« D'un souffle, nous l'avons balayé des Esprits :
« Le Monde n'est qu'un tas de granit et de soufre
« Où la Vie illusoire élève un temps ses cris. »
Tels, dans la Nuit sans fond dont nous fendons le gouffre,
Tout fiers d'avoir auné deux pieds du firmament,
Ils viennent consoler l'Humanité qui souffre.
Ils osent dire aux cœurs émus : « Votre cri ment ! »
Avec de grands calculs, comme on prouve un problème,
Se targuant de guérir l'universel tourment,
A l'Être éblouissant ils jettent l'anathème ;
Ils posent leurs scellés au ciel immense et doux…
Pauvres gens, qu'éblouit le clinquant du blasphème,
Et qui ne savez pas que ce grand Dieu, c'est Vous !