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1891

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Gabriel TRARIEUX

Ils ont crié : « La chaîne infrangible des causes « A nos yeux obstinés a révélé sa loi. « Nous tenons le secret des Êtres et des Choses. « La Science a vaincu cette aveugle : la Foi.

« Ce concept suranné d'une antique imposture, « Dieu, que l'Homme enfantin saluait Maître et Roi, « Dieu, cet épouvantail de l'humble créature, « Ce recours de tous ceux qui, par le Sphinx meurtris,

« Pensaient avec un rêve expliquer la Nature, « D'un souffle, nous l'avons balayé des Esprits : « Le Monde n'est qu'un tas de granit et de soufre « Où la Vie illusoire élève un temps ses cris. »

Tels, dans la Nuit sans fond dont nous fendons le gouffre, Tout fiers d'avoir auné deux pieds du firmament, Ils viennent consoler l'Humanité qui souffre. Ils osent dire aux cœurs émus : « Votre cri ment ! »

Avec de grands calculs, comme on prouve un problème, Se targuant de guérir l'universel tourment, A l'Être éblouissant ils jettent l'anathème ; Ils posent leurs scellés au ciel immense et doux…

Pauvres gens, qu'éblouit le clinquant du blasphème, Et qui ne savez pas que ce grand Dieu, c'est Vous !

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