Heureux les petits Enfants, que les Mères
Bercent dans leur nid léger de roseaux !
Ils ont, sans souffrir, des pleurs éphémères
Et dorment sans rêve au creux des berceaux…
Heureux les Vieillards aux masques sévères
Dont ne saignent plus les cœurs en lambeaux,
Car ils ont gravi les derniers Calvaires,
Et s'en vont goûter la paix des tombeaux…
‒ Mais nous, jeunes gens, les rancœurs amères,
Filles des Désirs, nous percent les os…
Et fous, nous courons après nos chimères
Comme un chien piteux après des oiseaux !