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1891

APRÈS AVOIR LU DANTE

Gabriel TRARIEUX

Si ce n'était un Rêve, et si l'on osait croire A la blanche Françoise étreignant Paolo, Tels que Dante les vit de son haut promontoire, Comme on fuirait la vie et son âpre sanglot

Pour ce baiser sans fin, si doux, dans la nuit noire, Bercé divinement au tiède « Aer Bruno !… » Mais nous ne savons pas où la Mort nous envoie, Ni si, bonne, et prenant en pitié les Amants,

A l'Oubli sacrilège elle arrache sa proie. Aussi, sans trop compter sur l'orgueil des serments, Et sachant que le Temps court vers l'ombre et s'y noie, O Chère ! à la merci des fugitifs moments

Nous nous chaussons frileux au feu de notre Joie !

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