Dans l'aurore candide et dans le soir farouche,
Fou, comme un amoureux ou comme un assassin,
J'ai crié le désir qui desséchait ma bouche,
J'ai sangloté le râle immortel de mon sein !
Mais durant le soir fauve et durant l'aube fraîche
En vain j'ai dit mon mal, et je me suis tordu
Sur mes rêves flétris comme sur un lit rêche :
La Voix que j'attendais ne m'a pas répondu !
Et dans l'ombre qui tombe et dans l'aube qui monte,
Ayant le masque triste et rigide d'un Mort,
Je marche maintenant écrasé sous ma honte…
Mais l'Amour dans mon cœur toujours hurle plus fort.