Ne cueillez point le myrte. Aucun épithalame.
Ni guirlandes d'amours potelés ou moqueurs,
Mais un psaume plutôt dont le rythme proclame
Cette profonde nuit dont elle emplit les cœurs.
Pâle et hautaine, avec des prunelles sans flamme.
Elle a le geste las et grave des vainqueurs,
Et dans ses longs baisers qui coulent jusqu'à l'âme
Réside le pouvoir des pesantes liqueurs.
Elle inspire la peur comme d'autres la joie,
Pâle chair où jamais une ardeur ne rougeoie,
Marbre mystérieux, impassible décor.
En elle est l'avant-goût du sépulcre et des urnes,
Silencieuse amour par qui j'évoque encor
Un hiver boréal aux splendeurs taciturnes.