Dans Arle, où sont les Aliscams,
Quand l'ombre est rouge, sous les roses,
Et clair le temps,
Prends garde à la douceur des choses.
Lorsque tu sens battre sans cause
Ton cœur trop lourd ;
Et que se taisent les colombes :
Parle tout bas, si c'est d'amour,
Au bord des tombes.
Filippa, Faïs, Esclarmonde,
Les plus rares, que l'on put voir,
Beautés du monde ;
Mais toi si pâle encor d'avoir
Couru la lune l'autre soir
Aux quatrerues,
Écoute : au bruit noir des chansons
Satan flagelle tes sœurs nues ;
Viens, et dansons.
Au mois d'aimer, au mois de Mai,
Quand Zo' va cherchant sous les branches
Le bien-aimé,
Son jupon, tendu sur les hanches,
Me fait songer à l'aile blanche
Du voilier :
Mers qui battez au pied des mornes
Et dont un double Pilier
Dressa les bornes.
Dans la saison qu'Adonis fut blessé,
Mon cœur aussi de l'atteinte soudaine
D'un regard lancé.
Hors de l'abyme où le temps nous entraîne,
T'évoquerai-je, ô belle, en vain — ô vaines
Ombres, souvenirs.
Ah ! dans mes bras qui pleurais demi-nue,
Certe serais encore, à revenir,
Ah ! la bienvenue.