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1921

Romances Sans Musique.

Paul-Jean TOULET

Dans Arle, où sont les Aliscams, Quand l'ombre est rouge, sous les roses, Et clair le temps, Prends garde à la douceur des choses.

Lorsque tu sens battre sans cause Ton cœur trop lourd ; Et que se taisent les colombes : Parle tout bas, si c'est d'amour,

Au bord des tombes. Filippa, Faïs, Esclarmonde, Les plus rares, que l'on put voir, Beautés du monde ;

Mais toi si pâle encor d'avoir Couru la lune l'autre soir Aux quatrerues, Écoute : au bruit noir des chansons

Satan flagelle tes sœurs nues ; Viens, et dansons. Au mois d'aimer, au mois de Mai, Quand Zo' va cherchant sous les branches

Le bien-aimé, Son jupon, tendu sur les hanches, Me fait songer à l'aile blanche Du voilier :

Mers qui battez au pied des mornes Et dont un double Pilier Dressa les bornes. Dans la saison qu'Adonis fut blessé,

Mon cœur aussi de l'atteinte soudaine D'un regard lancé. Hors de l'abyme où le temps nous entraîne, T'évoquerai-je, ô belle, en vain — ô vaines

Ombres, souvenirs. Ah ! dans mes bras qui pleurais demi-nue, Certe serais encore, à revenir, Ah ! la bienvenue.

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