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1919

[no title]

Paul-Jean TOULET

Fatigué de m'étendre en des couches banales, De couvrir de baisers un front inhabité, D'inscrire quelques noms en mes sèches annales Avec ce qu'ils couvraient de vice et de beauté,

Avant que le cadran des heures automnales Sonne le couvre-feu à mon cœur dévasté, J’arracherai ma vie aux vaines saturnales, Pour rentrer dans la paix et la simplicité.

Dans un bourg verdoyant de la vieille province, Celle qui doit m'aimer a grandi, blonde et mince ; Elle a l'éclat des fleurs et le pas des oiseaux. Je la vis par un soir doré, cueillant aux treilles

Le raisin transparent avec de grands ciseaux Dont le bruit argentin effrayait les abeilles.

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