Fatigué de m'étendre en des couches banales,
De couvrir de baisers un front inhabité,
D'inscrire quelques noms en mes sèches annales
Avec ce qu'ils couvraient de vice et de beauté,
Avant que le cadran des heures automnales
Sonne le couvre-feu à mon cœur dévasté,
J’arracherai ma vie aux vaines saturnales,
Pour rentrer dans la paix et la simplicité.
Dans un bourg verdoyant de la vieille province,
Celle qui doit m'aimer a grandi, blonde et mince ;
Elle a l'éclat des fleurs et le pas des oiseaux.
Je la vis par un soir doré, cueillant aux treilles
Le raisin transparent avec de grands ciseaux
Dont le bruit argentin effrayait les abeilles.