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1919

Le prisonnier

Paul-Jean TOULET

— Je m'ennuie. Ah ! Que le Malin Me fournisse une lime, Je lui dédie un os sublime, Mon morlingue tout plein !

— Eh bien, telle une herbe débile Dont se nourrit l'été, Si te dévore la clarté D'un zénith immobile,

Vide à jamais d'ombre ou de cri, Ne sais-tu pas, dit-elle. Ce qui, d'une voix non mortelle, Sur la porte est écrit :

« Ici le rêve et l'ignorance Dépouillent leurs attraits. O bienheureux, vous qui entrez, Laissez toute espérance. »

— Je m'ennuie, Ah ! Que le Malin Me forgeât une lime. Je lui dédie un os sublime ; De morlingue un sac plein,

— Eh quoi, n'as-tu pas lu, dit-elle, Pour mener tout ce cri, Ce qui, d'une voix non mortelle, Sur la porte est écrit :

« Ici le doute et l'ignorance Dépouillent leurs attraits, O bienheureux, vous qui entrez, Laissez toute espérance ».

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