Skip to content
1919

Don Juan

Paul-Jean TOULET

J’ai vu Don Juan vieillard, mais toujours amoureux, Seul à se rappeler ses gloires printanières, Et qui parodiait les nouvelles manières, Un pas adolescent, des regards langoureux.

Le rire et le mépris, ainsi que des lanières, Sifflaient autour de lui. Ses genoux douloureux Se meurtrissaient au seuil, implacable pour eux. Des Gothons qu'il allait poursuivre en leurs tanières.

Car tu n'es pas mort jeune, ainsi qu'on l'avait dit, O Don Juan ; mais sénile, et grotesque, et maudit Tu t'es longtemps traîné sur les bords de la tombe. Mieux : eût valu mourir en ta pleine beauté

Que ce spectacle vil d'un Dieu vaincu qui tombe, Ce coucher de soleil sans flamme et sans fierté.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Don Juan · Paul-Jean TOULET · Poetry Cove