J’ai vu Don Juan vieillard, mais toujours amoureux,
Seul à se rappeler ses gloires printanières,
Et qui parodiait les nouvelles manières,
Un pas adolescent, des regards langoureux.
Le rire et le mépris, ainsi que des lanières,
Sifflaient autour de lui. Ses genoux douloureux
Se meurtrissaient au seuil, implacable pour eux.
Des Gothons qu'il allait poursuivre en leurs tanières.
Car tu n'es pas mort jeune, ainsi qu'on l'avait dit,
O Don Juan ; mais sénile, et grotesque, et maudit
Tu t'es longtemps traîné sur les bords de la tombe.
Mieux : eût valu mourir en ta pleine beauté
Que ce spectacle vil d'un Dieu vaincu qui tombe,
Ce coucher de soleil sans flamme et sans fierté.