En vain brillent les eaux, pour qu'il s' y désaltère.
Moloch féroce boit les larmes des forêts.
L’île chaude sous lui fume comme un cratère.
Les oiseaux se sont tus dans les arbres retraits.
Mais loin du ciel grisâtre et de la morne terre
Les murs gardent encor des repaires discrets
Où le sommeil pour l'homme évoque avec mystère
L’essaim silencieux des rêves aux doigts frais.
Et déjà vient le soir parmi les aromates.
Arrachant sa chair brune à la fraîcheur des nattes,
Dans son voile éclatant, comme une longue fleur,
Djalia s'est dressée et fait tinter ses bagues,
Tandis que les rayons du soleil qui se meurt
Allument une flamme à ses prunelles vagues.