De l'impassible ciel, toujours, toujours pareil,
Les brises, comme les oiseaux, sont envolées ;
Et d'inutiles fleurs, d'aucune aile frôlées,
Dorment dans l'air pesant leur lumineux sommeil.
Il faut avoir connu tes splendeurs désolées,
O monotone ciel, ô voûte de vermeil,
Et le spleen que déverse un éternel soleil,
Pour savoir tout le prix qu’ont les terres voilées.
Là-bas, où les coteaux ont des formes de seins
Et se couvrent au soir de robes transparentes,
Des cygnes noirs et blancs nagent dans les bassins.
Un ciel pâle s'y mire, et les vapeurs errantes,
Et les peupliers longs que septembre a rouillés ;
La nuit prochaine endort l'odeur des foins mouillés.