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1887

VIII

Raymond TAILHÈDE

Quand se penchent ce front et cette nuque d'ambre, Lorsque ces beaux cheveux s'abandonnent au vent, Quand ces yeux au cristal se mirent en rêvant, Ou lorsque cette taille avec orgueil se cambre,

Je n'en convoite pas l'amour : auparavant, Je vous prie, enfermez ce masque en votre chambre ; Un ciel d'hiver s'accorde aux frimas de décembre, Jamais à vos regards votre cœur décevant.

Hors de ce monstre humain peut-être arriverai-je A vous voir, mieux qu'en vous, dans l'éclatante neige Les roses, la lumière et le profond azur ; Car, transmuer ainsi notre âme en toutes choses,

La lumière, l'azur, les neiges et les roses, C'est de notre prison faire crouler le mur.

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VIII · Raymond TAILHÈDE · Poetry Cove