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1887

VII

Raymond TAILHÈDE

Tu ne peux te douter, pauvre tête chérie, Ni du mal que m'ont fait tes yeux, ni du poison Dont ta lèvre adorable a nourri ma raison, Ni de mon cœur souffrant plus qu'une chair meurtrie.

Tu n'as point de pensée, où serait ta folie ? Ta puérilité se rit de ma leçon… Si c'est vivre, ta vie est comme ta chanson, Tu n'en sais pas les mots, elle en est plus jolie

Prends garde, toutefois, de tirer vanité De l'extrême rigueur de ma captivité ; Esclave, je saurais répondre d'autre sorte : Quand une main divine eût forgé ce lien,

— Et je veux t'en laisser l'honneur, — sache-le bien, Il n'est de gloire en lui que par moi qui le porte.

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VII · Raymond TAILHÈDE · Poetry Cove