Skip to content
1887

VI

Raymond TAILHÈDE

Impatient des nuits où je pourrai connaître La forme de mon rêve et de ma passion, J'orne de tant d'éclat sa feinte vision Que mes vœux, du Néant, l'ont attirée à l'Être.

Quand, seconde Pallas, elle va m'apparaître Dans sa beauté réelle et dans sa fiction, Matérielle idée, abstraite éclosion, Miroir que ma seule ombre illumine et pénètre,

Rien ne me semblera d'elle-même étranger, J'en posséderai mieux le contour mensonger, La caresse légère et la promesse fausse, Gomme ces voyageurs, au sable lybien,

De qui l'espoir, dit-on, et l'unique soutien, C'est un mirage d'eau qui dans le ciel se hausse.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
VI · Raymond TAILHÈDE · Poetry Cove