Impatient des nuits où je pourrai connaître
La forme de mon rêve et de ma passion,
J'orne de tant d'éclat sa feinte vision
Que mes vœux, du Néant, l'ont attirée à l'Être.
Quand, seconde Pallas, elle va m'apparaître
Dans sa beauté réelle et dans sa fiction,
Matérielle idée, abstraite éclosion,
Miroir que ma seule ombre illumine et pénètre,
Rien ne me semblera d'elle-même étranger,
J'en posséderai mieux le contour mensonger,
La caresse légère et la promesse fausse,
Gomme ces voyageurs, au sable lybien,
De qui l'espoir, dit-on, et l'unique soutien,
C'est un mirage d'eau qui dans le ciel se hausse.