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1887

II

Raymond TAILHÈDE

Tel, et plus glorieux qu'en ces jours très anciens, Je reviens, pour avoir un beau triomphe encore, Avec la royauté des vers magiciens. Les poètes marchant du côté de l'aurore

Font briller les saphirs et les rouges coraux Pour fêter le seigneur que le rêve décore. J'évoque la clarté dans les cieux sidéraux, Je suis resplendissant comme les nuits sans lune,

J'ai la noblesse et la vaillance des héros. Les Vierges déroulant leur chevelure brune, Les Vierges se voilant dans For des cheveux d'or Implorent ma bonté pour que j'en admire une…

De joie illuminée et lumineuse encor Parce qu'en tes regards l'univers se reflète, C'est toi , Muse, c'est toi , rivale de la mort, Toi qui disais le dieu fleuri de violette,

Le dieu qui fait aimer, Érôs libérateur, Dont les yeux sont cachés par une bandelette ! O l'unique et multiple à la fois comme un chœur ! Harmonie émouvante aux douceurs précieuses !

Ce que ta lèvre chante est chanté par mon cœur ! Et ce sera le jour des strophes fabuleuses Du~poème, trésor magique de beauté, Car j'aurai fait parler des voix mystérieuses.

Et ce seront des jours qui n'auront pas été, Où je te cueillerai dans ta splendeur première, Aurore épanouie au jardin de l'été, Rose immense du ciel, ô fleur de la lumière !

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