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1887

II

Raymond TAILHÈDE

Si l'espoir d'un laurier de semence inconnue, O Lyre ! te retient tout entière en ma voix, Ceux-là seront chéris d'abord à qui je dois De faire sonner haut une corde chenue.

Quand Phébus, d'une pointe ardente et continue, Éclate encor, caché par le revers des bois, C'est un soleil puissant que sur l'arbre je vois Dedans le crin d'un chêne approché de la nue.

Telle, plus, noble Lyre, antique tu parais, Des mains doctes pressant d'âge en âge les rais Dorés, plus a grandi le chant que je commence. Et pour que soit mon front aux Muses dédié,

Ronsard, guidant le trait d'Apollon envoyé, Aux tonnerres de l'aigle a renflammé la France.

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