A travers les jardins de la Vieille-Espérance
Je me suis promené pendant toute la nuit,
J'ai cueilli sur les fleurs la moisson du silence
Oui me parfumera comme un encens bénit.
Afin de ranimer les visions errantes
L'heure crépusculaire avec des mots anciens
Éveille au bord des lacs les villes transparentes
Et les peuples émus au chant des musiciens.
Dans les bois cependant le vent seul parle encore,
Les cortèges de gloire entrent dans la cité,
La cité qui chantait clôt ses portes d'aurore,
Le jardin d'autrefois est soudain dévasté.
Quel vieillard tout-puissant que la vie importune
Nous a pris aux filets du rêve, quel sorcier,
Moi, couronné déjà de l'antique laurier,
Et toi dans ton sommeil prolongé par la lune ?