Athènes ! honneur de la lyre ! Ta louange, je veux la dire Gomme le Thébain, d'une voix Douce au cœur et forte à l'oreille,
Et Pindare, qui s'émerveille, Le pouvait moins que je le dois. Certes, la plus illustre race A tes fils a transmis l'audace
De faire preuve de leur sang, De cueillir à la même rive, Avec le fruit mûr de l'olive, Le laurier toujours verdissant.
Les redoutables Destinées, A presser ta perte obstinées, N'espèrent plus d'y réussir : D'autres succombent à leur rage ;
Mais toi , le Temps même est le gage Qui répond de ton avenir. Muses ! vous de qui la mémoire Est le spectacle de la gloire,
Apprenez-moi, filles du ciel, Par quelle influence divine Athènes, dès son origine, Se racheta du sort mortel ?
La victoire des armes porte Des rameaux de diverse sorte, Changeant tour à tour leur éclat ; Mais c'est à peine qu'elle dure
Cette couronne que mesure L'incertitude du combat. La déesse palladienne Ne reconnaîtrait point la tienne,
Qui se courbe à son front armé, Si tu n'avais pas, noble ville, Sur les lèvres de la Sybille Le feu de Delphes rallumé !
O Muses, vous avez fait naître Mon ami, Moréas, mon maître, Dans votre éternelle cité ; Vous l'avez nourri de ces (flammes)
Dont, par vos soins, (brûlent) les âmes Des grands morts qui l'ont précédé ! Obtenez-moi, Sœurs libérales, Que la main des Parques fatales
Ne s'appesantisse à mes vers : L'esprit est à vous, non la cendre Que dans son retour doit reprendre L'ordre commun de l'univers.
Car, d'Athènes suivant l'exemple, Des ruines je tire un temple Élevé sur de tels (sommets,) Qu'unissant l'envie à la guerre
La basse audace du vulgaire Ne pourra l'abattre jamais.
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