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1887

A UN ENFANT

Raymond TAILHÈDE

Toi qui rêves toujours, ne parlant pas encore. Petit enfant royal par le bleu de tes yeux. Vois-tu la flamme orientale de l'aurore Oui se lève sur ton sommeil silencieux ?

Vois-tu toute la mer périlleuse et joyeuse ? De lourdes visions émergent des brouillards A travers la lueur d'une lune frileuse, Et de grands cavaliers portent des étendards.

Si dans la nuit ou dans le jour, lorsque tu rêves, Tu vois ce ciel doré, si tu vois cette mer, Aux heures des douleurs tes douleurs seront brèves. Quand la vie aura fait ton esprit plus amer,

Tu te rappelleras ces fantômes magiques, Pour t'endormir au souvenir de leurs musiques.

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