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1887

A PAUL VERLAINE

Raymond TAILHÈDE

Protéus est pasteur de cavales marines, Palémon, de taureaux, Damétas, de brebis ; Un immortel empire à ta flûte est soumis, Paul Verlaine, berger de paroles divines.

Quand tu passes ainsi, sur le front des collines, Avec l'or du soleil aux trous de tes habits, Les doctes ignorants demeurent ébahis, S'étonnant que, pour rien, en sifflant, tu chemines.

Ils n'aperçoivent pas le musical troupeau Que tire près de toi le son de ton pipeau, Nouveau Deucalion, plutôt nouvel Orphée ! Car vraiment, ô Poète, il ne sied qu'à nos mains

De toucher du laurier les marbres, les airains, Et d'inscrire la gloire aux armes d'un trophée !

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