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1887

A MAURICE DU PLESSYS

Raymond TAILHÈDE

Gomme celui qui prend la légère rosée Et cette coupe d'or, honneur de sa maison, Et d'abord que lui-même à peine Ta pressée, En son fruit y goûtant la nouvelle saison,

Échangée à Pentour, aux lèvres rit la vigne : Au présent qu'il en fait il marque ses amis. Tel je suis, mon Plessys, et de t'en juger digne C'est me mettre à ton rang que me l'avoir permis.

Certes, ta main hardie a formé ta couronne, Et Pinde par ton œuvre est sans ombre à moitié ; Mais sur tous les lauriers on aime ceux que donne, Compagne de la joie, une douce amitié.

Non point que ma louange ajoute à ton mérite : L'amitié suffit bien au regard de nos vœux, Encore que ta gloire en tes vers soit écrite, Et quelque part que j'aie aux victoires des dieux.

Telle aux nocturnes cieux la fortune est égale Des enfants de Léda, race de Jupiter, Dont fut l'affection, après l'heure fatale, Tracée en double signe au-dessus de la mer.

Leur tendresse et leurs feux ne sont près de s'éteindre, Et, suivant leur nature en ces destins nouveaux, Quand lui-même, Apollon, des ténèbres peut craindre, Il n'est pas jusqu'aux nuits pour les rendre plus beaux.

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