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1887

A HENRY CHARPENTIER

Raymond TAILHÈDE

Henry Charpentier, un quatrain ! Muse, y pensez-vous, mais une ode (Pour lui n'est-ce pas le seul mode ? ) Une ode au tonnerre d'airain,

Que vous ferez bondir, ma Muse ! Ni quatrain, sizain, ni dizain, Ni tous ces jeux où l'on s'amuse, Et puis, n'attendez à demain,

Je sais de quels délais l'on use, Et je connais votre refrain. Muse, il est vrai que sur Parnasse Il ne convient de vous prier

Que les bras chargés de laurier, Or, je vous demande une grâce ; Mais nulle verdure ne luit Entre mes doigts quoi que je fasse

Seul un petit livre… C'est lui Qui me hausse jusqu'à l'audace De vous apporter aujourd'hui Tout l'héritage de la Thrace.

Ce même trésor fabuleux Au ciel dérobé par Orphée, Où d'une Gorgone coiffée, Rêve la Sagesse des Dieux,

Notre Pallas Parthénienne, Cette lumière que les yeux Humains ne devinent qu'à peine Dans l'immensité de ses feux,

Le crierai-je pas qu'elle est mienne Par toute la face des cieux ? Je le crierai ! Mais que serait-ce, Noir et blanc, ses feuillets ouverts,

Que ce petit livre de vers, Tandis que, gaiement, je l'adresse, Muse, à cet Henry Charpentier, Qu'à ses tempes le laurier presse,

Si l'orbe d'or du ciel entier, Autour de lui mouvant sans cesse, Ne posait sur son front altier Le plus bel astre de la Grèce ?

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