La belle dame de Paris Trottine par le brouillard gris Du matin, à pas de souris. Son manchon de loutre ou d’hermine
Sur son nez rose, elle chemine D’une façon leste et gamine. Le trottoir est un lac gelé Où son talon ensorcelé
Semble un papillon sur le blé. Point d’atours ni de fanfreluches ; Mais, pour braver les coqueluches, La gamme sombre des peluches.
La voilette rouge, sur ses Cheveux d’avoine mal lissés. Met des tons de pourpre foncés. Les Clymènes et les Zerlines
Sur les potiches zinzolines, Du même air croquent des pralines. La printanière blondeur De sa gorgerette a l’odeur
Amène de l’Iris-powder. Et son fin museau de belette Rit à souhait pour la palette De Fragonard ou de Willette.
Depuis le Gymnase, où renaît Chaque soir monsieur George Ohnet, Jusqu’à Peters, on la connaît. Les hommes graves, par centaines,
Gantent leurs plus belles mitaines Pour escorter ses pretantaines. Et, surgissant on ne sait d’où, Ce vieux coureur de guilledou,
Le Soleil, vient baiser son cou. Or, cette dame qui s’avance Est celle qui, pour redevance. Nous apporte deuil ou chevance.
Au gui l’an neuf ! Le houx en fleur De Christmas à la Chandeleur S’épanouit, ensorceleur. Les rois des terres levantines
Aux Porcherons chantent mâtines Et subornent les Valentines. La bûche flambe. Au gui l’an neuf ! Tel un oisillon de son œuf.
L’heure s’échappe. Trois ! six ! neuf ! Douze ! Et la flamme ranimée À travers la rose fumée, Exhale une âme parfumée.
L’Espérance donne du cor Et, sur l’acier qui vibre encor, Fait tinter son cothurne d’or. Ô madame la jeune année,
Par vous me soit encor donnée Une fleur de ma fleur fanée. Pour avoir repos et soulas, Faites germer en mon cœur las
Le regain des premiers lilas.
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