Sur champ d'or, en les vieux tableaux, Ouvrant ses yeux couleur des flots Et plus svelte que les bouleaux, La Vierge cause ingénument
Avec le Séraphin charmant Advenu du haut firmament. Les calcédoines, les rubis Passementent ses longs habits
De moire antique et de tabis. Ses cheveux souples d'ambre vert Glissent comme un rayon d'hiver Sur sa cotte de menu-vair.
Oh ! ses doigts frêles et le pur Mystère de ses yeux d'azur Éblouis du pardon futur ! Tremblante, elle reçoit l'Ave
Par qui le front sera lavé De l'antique Adam réprouvé : « Empérière au bleu pennon, Sur le sistre et le tympanon,
Les deux exaltent ton renom. Toi de Jessé royal provin, Pain mystique, pain sans levain, Font scellé de l'Amour divin !
Toison de Gédéon ! Cristal Dont le Soleil oriental N'adombre pas le feu natal ! Ave Gratia ! Que ta main
Cueille, pour l'ineffable hymen, Les lis fleuris du bon chemin. Et que sur ton front adoré Soit un diadème instauré
De métal richement ouvré. Le nard exhale son odeur : Reine de Joie et de Candeur, Suis l'Époux vêtu de splendeur.
Foule aux pieds le Dragon pervers, Maîtresse des Paradis clairs, Ceinte de roses et d'éclairs ! » Ainsi, le chœur des Angelots
Chante, nimbé de fins halos, Sur fond d'or, en les vieux tableaux. Et, d'âge en âges emporté, Leur psaume de gloire a fêté
Le los de la virginité. Blanche, où très blanche ! Et c'est pourquoi Je veux, artiste plein de foi, Vous peindre en corselet d'orfroi :
Pareille, emmi les hosanna, Aux madones que blasonna L'imager du ciel, Mantegna. Des fleurs d'onyx et de portor
Sur le retable squamé d'or Épanouiront leur trésor. Pour vous, les beaux hymnes latins Ingémiront, soirs et matins,
Graves, près des flambeaux éteints. Pour vous, mes vers, matins et soirs, Dans la nef aux mornes voussoirs Balanceront des encensoirs.
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