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1899

FÊTE NATIONALE

Laurent TAILHADE

Le quatorze Juillet et ses chevaux de bois, Ses guinches, où les bons zigues, saoûls de pivois, Étreignent, pour l’en-avant-deux, leurs maritornes, Tandis que les cocus vont aérant leurs cornes,

Me charment. J’ai revu, place du Panthéon, Le doux vieillard qui jouait de l’accordéon Dans la rue Oudinot, presque sous mes fenêtres, À l’heure où la splendeur de Félisque, et ses guêtres

Se dérobaient parmi les mégissiers obscurs. Car j’ai toujours aimé les humbles aux cœurs purs, Aux pieds douteux comme un vers de Pour la Couronne, Car je suis le passant bénin, que n’environne

Aucun rayon, aucun éclair, aucun soleil. Mes articles me font aux concierges pareil. Aussi, dès que revient la date fatidique Où la junte des mannezingues se syndique

Pour imbiber de furfurol le populo, Je hisse à mon balcon, — ainsi qu’au bord de l’eau Quelque tremble où le soir ému se décolore. Un étendard fait de flanelle tricolore

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