Skip to content
1899

BALLADE PATRIOTIQUE

Laurent TAILHADE

Camp du Drap d’Or et vous lice guerrière Des Beaumanoir ou des Montgommery, Quelques héros, poursuivant la carrière, Ont, de nos jours, vos palmes refleuri.

Les camelots mènent leur hourvari. C’est Rochefort, Thiébaud et Millevoye, Arthur Meyer, Judet qui semble une oie, Et puis Barrès gazouillant da capo,

Si que Drumont ne se tient plus de joie : L’honneur fleurit à l’ombre du Drapeau. Après avoir besogné sa prière, Boisdeffre, comme un abcès trop mûri,

S’est répandu chez la gent huitrière Des sacristains patriotes. Un cri D’amour : « Voici le colonel Henry ! » Est-ce Roland, sir Pandarus de Troie,

Ou Maugiron en armure de soie, Qui de tranchant et d’estoc fait rampo ? Tels champions se peut-il que l’on voie ? L’honneur fleurit à l’ombre du Drapeau.

Le torse nu, portant sous-ventrière Et maints agnus vantés par Gé. Méry, Comme il est beau de rage meurtrière ! Morts du Tonkin et morts de Satory,

Vos officiers (tel Ubu, chez Jarry) Prennent le sabre et la dague où se noie Le sang des cœurs, l’atrabile du foie, Hélas ! Picquart, en lui piquant la peau,

Du sieur Henry le cubital foudroie ! L’honneur fleurit à l’ombre du Drapeau. Prince Crozier, successeur de Montjoie, Le protocole est dans la bonne voie ;

Chaulons noël de Saratow à Pau ! Que l’iris des trois couleurs se déploie : L’honneur fleurit à l’ombre du Drapeau.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
BALLADE PATRIOTIQUE · Laurent TAILHADE · Poetry Cove