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1899

BALLADE 14 JUILLET

Laurent TAILHADE

Clairons, trompettes et hautbois, « Chant du départ » et « Marseillaise » Beuglent sur le pavé de bois. Les rousses-cagnes, dans leur fraise,

S’en vont au pourchas de la braise Près du quai Michel, ce Lido ; Voici le lendemain du treize : Ça se fête degueulando.

Joseph Prudhomme et Pipenbois, Les gentlemen de la Corrèze, Ceux du Perche et ceux de l’Artois Éructent mainte catachrèse

(Au veau l’on reconnaît la fraise !) Le roussin avec le bedeau Se convomissent à leur aise : Ça se fête degueulando.

Mais, où donc est la fleur des pois ? Montesquiou, Péladan, Barrèse, Les Bourget et les Dieulafoy Sollicitant la diurèse ?

Les ceuss qui viennent de Manrèse, Bloy vociférant son credo Et frère Yves en Navarraise ? Ça se fête degueulando.

Prince, qu’éleva dans Sorrèze Un moine à tripes de vedeau, Plus n’est besoin de rime en « rèse » : Notre joie est combien frrrançaise !

Ça se fête degueulando.

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