Skip to content
1875

LE TEMPS PERDU

René-François SULLY PRUDHOMME

Si peu d'œuvres pour tant de fatigue et d'ennui ! De stériles soucis notre journée est pleine : Leur meute sans pitié nous chasse à perdre haleine, Nous pousse, nous dévore, et l'heure utile a fui…

«Demain ! j'irai demain voir ce pauvre chez lui, «Demain je reprendrai ce livre ouvert à peine, «Demain, je te dirai, mon âme, où je te mène, «Demain je serai juste et fort… Pas aujourd'hui.»

Aujourd'hui, que de soins, de pas et de visites ! Oh ! l'implacable essaim des devoirs parasites Qui pullulent autour de nos tasses de thé ! Ainsi chôment le cœur, la pensée et le livre,

Et pendant qu'on se tue à différer de vivre, Le vrai devoir dans l'ombre attend la volonté.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LE TEMPS PERDU · René-François SULLY PRUDHOMME · Poetry Cove