Skip to content
1867

LE DERNIER ADIEU

René-François SULLY PRUDHOMME

Quand l'être cher vient d'expirer, On sent obscurément la perte, On ne peut pas encor pleurer : La mort présente déconcerte ;

Et ni le lugubre drap noir, Ni le dies iræ farouche, Ne donnent forme au désespoir : La stupeur clôt l'âme et la bouche.

Incrédule à son propre deuil, On regarde au fond de la tombe, Sans rien comprendre à ce cercueil Sonnant sous la terre qui tombe.

C'est aux premiers regards portés, En famille, autour de la table, Sur les sièges plus écartés, Que se fait l'adieu véritable.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.