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1882

XXXV

Armand SILVESTRE

Le grand lac solitaire où l'image des cieux Descend et resplendit au fond de l'eau dormante, En vain, pour retenir la vision charmante, Ploie, ainsi que des bras, ses roseaux gracieux.

Des astres éternels le vol silencieux Passe, sans l'échauffer dans son sein qu'il tourmente. Et c'est pourquoi sa voix, dans la Nuit, se lamente De n'enfermer en soi qu'un reflet captieux

Pareille au flot pensif, mon âme porte en elle Comme celle des cieux une image éternelle Depuis que sur mes jours ton front s'est incliné.Depuis que sur mes jours ton front s'est incliné. Elle pleure, sentant qu'une plus longue route

La sépare de Toi que la nocturne voûte Du grand lac, point d'argent dans l'infini perdu !Du grand lac, point d'argent dans l'infini perdu !

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