Je suis resté près de ta porte,
Triste, solitaire et rêvant ;
Telle une feuille que le vent
Au pied d'un lys en fleur apporte.
Elle y demeure, chose morte,
Sans que, du calice vivant,
Un pleur de l'aube l'abreuvant
Se détache et la réconforte.
J'ai quitté ton seuil bien-aimé,
Sans que mon cœur fût ranimé
Par un sourire de ta bouche.
Et pourtant mon espoir défunt
Y conserve encor le parfum
Qu'on prend à tout ce qui te touche.