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1882

XXXIII

Armand SILVESTRE

Comme une feuille morte à ta robe attachée, Qui crie en se brisant aux sables du chemin, Mon cœur que de la vie a détaché ta main Exhale sur tes pas une plainte cachée.

Sur lui, sans le flétrir, l'automne s'est penchée, Teignant les bois obscurs d'or pâle et de carmin ; Palpitant et captif d'un rêve surhumain, Il a suivi la route obstinément cherchée.

Jaloux de sa torture, épris de son tourment. Le temps s'est à son mal acharné vainement Et l'épine épuisa sa morsure savante. Déchiré par la ronce, il a longtemps saigné

Avant que, jusqu'à lui, ton regard ait daigné Détourner un instant sa pitié triomphante.

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XXXIII · Armand SILVESTRE · Poetry Cove