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1882

XXXII

Armand SILVESTRE

O lâcheté d'un cœur pourtant las de souffrir ! Révolte sans honneur de mon âme éperdue ! Avant qu'à mes regrets ta pitié m'eût rendue, Je te le dis tout bas : j'avais peur de mourir !

Sous l'adieu du soleil la fleur peut se flétrir, Enfermant dans son sein la caresse attendue. A mon fidèle amour la grâce était bien due De te revoir encore et mon ciel s'attendrir.

Maintenant que j'ai bu, dans tes yeux sans colère, — De mon long souvenir, cher et tardif salaire, — Le viatique doux dont j'étais altéré, Mon âme peut partir pour sa route éternelle,

Portant, comme l'étoile, un feu qui brûle en elle Et dont rien n'éteindra l'embrasement sacré.

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XXXII · Armand SILVESTRE · Poetry Cove