O lâcheté d'un cœur pourtant las de souffrir !
Révolte sans honneur de mon âme éperdue !
Avant qu'à mes regrets ta pitié m'eût rendue,
Je te le dis tout bas : j'avais peur de mourir !
Sous l'adieu du soleil la fleur peut se flétrir,
Enfermant dans son sein la caresse attendue.
A mon fidèle amour la grâce était bien due
De te revoir encore et mon ciel s'attendrir.
Maintenant que j'ai bu, dans tes yeux sans colère,
— De mon long souvenir, cher et tardif salaire, —
Le viatique doux dont j'étais altéré,
Mon âme peut partir pour sa route éternelle,
Portant, comme l'étoile, un feu qui brûle en elle
Et dont rien n'éteindra l'embrasement sacré.