Vers le déclin viril de mes jeunes années,
J'ai marché sans regret, sentant se consumer
En d'inutiles feux ma puissance d'aimer ;
Car tes lèvres se sont, des miennes, détournées.
J'ai vu, comme des fleurs loin du soleil fanées,
Mes tendresses sans but lentement se fermer
Et mon cœur sans espoir pas à pas s'abîmer
Dans l'ombre qui confond les choses condamnées.
Aujourd'hui je suis vieux, mais je ne me plains pas
D'avoir jeté mon être en poussière à tes pas.
Cet orgueil me suffit de t'avoir bien servie.
Mon amour impayé ne te réclame rien.
Je mourrai satisfait, car ta Beauté vaut bien
Qu'on immole à ses pieds le meilleur de sa vie.