Ne cherchant d'autre bien que d'aimer sans salaire,
J'en goûte sans espoir l'amère volupté,
Laissant saigner mon cœur aux pieds de ta Beauté,
Prêt à l'ouvrir plus grand si cela doit le plaire.
Tu peux donc le souffrir sans crainte et sans colère,
Ce triste amour qui borne aujourd'hui sa fierté
A regarder, de l'ombre où tu l'as rejeté,
Rayonner de ton front l'auréole stellaire.
Un dernier honneur reste à mon lâche tourment :
C'est de ne pas troubler de mon gémissement
L'olympique repos où se plaît ta pensée.
Sans implorer de toi l'aumône d'un souci,
Je porterai, du moins, sans demander merci,
L'immortelle douleur de mon âme blessée !