L'or des astres perdus habite les prunelles ;
L'âme des Dieux partis a ton sein pour tombeau ;
Les cieux jaloux voudraient ton regard pour flambeau ;
Ta splendeur fait envie aux gloires éternelles.
L'antique souvenir s'épanouit en elles
De tout ce qui fut grand, de tout ce qui fut beau.
Au vent de tes cheveux flotte encore un lambeau
Des visions d'antan blanches et solennelles !
Je ne t'ai pas maudite au jour de l'abandon.
Ton mal, pareil au mien, t'a valu le pardon.
Si tu m'as fait proscrit je te sais exilée.
Le même sort, pesant sur nos cœurs asservis,
Met ta Patrie ailleurs et la mienne où tu vis,
Et nôtre âme, à tous deux, demeure inconsolée