Si tu cherches pourquoi mon triste amour s'augmente
De tous les désespoirs que me font tes mépris ;
Si tu cherches pourquoi tout m'est vide et sans prix,
Sauf l'inutile espoir qui, sans fin, me tourmente ;
Si tu cherches pourquoi toujours je me lamente,
Comme un cygne blessé trouble l'air de ses cris ;
Si tu cherches pourquoi tes yeux cruels m'ont pris
Jusqu'au lâche bonheur d'aimer une autre amante ;
Je te dirai : c'est toi qui m'appris la Beauté !
J'en ignorais l'orgueil et la divinité
Avant que d'avoir vu ton radieux visage.
Oui, c'est toi qui m'appris l'idéal sans retour.
Mon esprit s'est ouvert sur ton image, un jour.
Mes yeux se fermeront, un jour, sur ton image !