Vers quel infini tend ta Beauté, qu'elle prenne
A chaque jour nouveau des traits plus éclatants ?
Comme un sculpteur épris de son œuvre, le temps,
Sans relâche, en poursuit la grâce souveraine.
Plus grand, l'orgueil du lys fleurit ton front de Reine ;
Plus pur, dans tes yeux luit l'or des astres flottants ;
Et, sur ton col plus fier, en frissons palpitants,
L'ombre de tes cheveux, plus jalouse, se traîne.
On dirait qu'en toi seule, enfin, s'est résumé
Tout ce que les regards des mortels ont aimé
Depuis qu'un souvenir des Dieux hante la terre.
En Toi seule revit l'immortelle splendeur.
Hélas ! Et j'en ai pu mesurer la grandeur
Au deuil qu'elle a laissé dans mon cœur solitaire !