Sur le chêne où l'automne a mis ses tons de cuivre,
J'ai, du bout d'un couteau, creusé profondément
Ton nom pour le relire, alors qu'au ciel, bramant
Le vent effeuillera la forêt comme un livre.
Sur la vitre où l'hiver a mis ses fleurs de givre
J'ai tracé ton nom cher avec un diamant.
Pour le relire après que le jardin charmant
Sous les tièdes soleils aura cessé de vivre.
Sur mon cœur qui n'a pas d'automne ni d'hiver,
J'ai, d'un outil plus dur que la gemme et le fer,
Gravé ton nom vainqueur et, d'une telle force,
Qu'il saignera toujours, lors même que le temps
Aura brisé la vitre aux dessins éclatants
Et de l'arbre blessé fait revivre l'écorce.