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1882

XXI

Armand SILVESTRE

Sur le chêne où l'automne a mis ses tons de cuivre, J'ai, du bout d'un couteau, creusé profondément Ton nom pour le relire, alors qu'au ciel, bramant Le vent effeuillera la forêt comme un livre.

Sur la vitre où l'hiver a mis ses fleurs de givre J'ai tracé ton nom cher avec un diamant. Pour le relire après que le jardin charmant Sous les tièdes soleils aura cessé de vivre.

Sur mon cœur qui n'a pas d'automne ni d'hiver, J'ai, d'un outil plus dur que la gemme et le fer, Gravé ton nom vainqueur et, d'une telle force, Qu'il saignera toujours, lors même que le temps

Aura brisé la vitre aux dessins éclatants Et de l'arbre blessé fait revivre l'écorce.

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